Article pour la publication dans le bulletin du SCF-

Je suis venu à l’élevage du pigeon un peu par hasard. D’abord par 2 couples de strasser bleu donné par un collègue de travail, puis un autre couple offert par mon beau père. Un peu étonné de découvrir ces pigeons « d’exposition » que je ne connaissais pas, je me suis renseigné sur les clubs et leurs expositions réalisées dans ma région d’Ile de France. C’est ainsi que je me suis retrouvé adhérent à L’Entente Avicoles de l’Essonne et que je commençais mon élevage de pigeons de fantaisie avec quelques couples offerts ou achetés à d’autres adhérents.

Et c’est en parlant quelques mois plus tard, avec le facteur du village où étaient mes parents -(dans la Meuse)-que j’ai découvert le sottobanca…

Il s’agissait de Claude Simonet déjà adhérent au SCF à cette époque et c’est ainsi que j’ai découvert un élevage « amateur » de pigeons de race pur. Nous étions en 1975 ou 76 ?.  Je suis reparti de chez lui avec un couple de chamois et un de noir.

Ma première exposition a été à Stenay en 1977, Claude en est le commissaire général depuis sa création, et j’y ai obtenu un prix et une coupe remportée avec un mâle chamois issu de chez lui.

C’était fait, j’avais attrapé le virus, qui ne me quittera plus…

Ce doit être dans cette période que je m’inscris au SCF et devenait le représentant pour l’Ile de France…

Mais très vite les coloris classiques me laissèrent sur ma faim et j’entrepris de faire des papillotés dans un premier temps, puis des grisons de toutes sortes.

Dans ma région il y avait de nombreux éleveurs de modènes et j’en fis la connaissance dans nos expos régionales.

Quelques couples donnés par eux, me firent débuter dans cette deuxième race et nous créons ainsi la section Ile de France …

C’est Roger Guillemot qui me donna l’envie de transposer le coloris Magnani de nos schietti sur le sottobanca et qui me donna mes premiers conseils pour débuter ce très long travail qui m’attendait et dont je n’avais guère idée…

Un livre sur les coloris des triganini qu’il m’avait donné me permis de voir ce que je devais obtenir.

A cette époque je n’avais pratiquement plus en sotto que des arlequins néri, je me rappelle que je devais en posséder environ une quinzaine de couple.

Nous étions vraiment très peu à élever ce coloris et en région Parisienne nous n’étions que deux seulement.

Après avoir tenté quelques croisements néro x avec ce que je pouvais…-(car mon élevage n’était plus qu’un grand chantier où se multipliaient les essais de toutes sortes)-, les amis du modène club qui venaient régulièrement voir les résultats en coloris décidèrent de me passer deux femelles Magnani. .

Roger me donna une sauri de très fort gabarie, très fortement colorée.

Jean Allard une deuxième tout aussi costaude, d’un coloris un peu différent; plus orangé.  Vous retrouvez ces coloris en page d’accueil sur mon site avec la photo montage et seul le coloris sauri évoluera au fil des accouplements réalisés.

Le coloris « orangé » ne changera jamais et je me demande encore aujourd’hui quelle était la formule génétique de cette femelle. -(et éventuellement si c’était bien une sauri ?)-

Que je travaille cette lignée en intense ou en dilué, aucune évolution. C’est le seul coloris qui chez moi ne changera plus alors que petit à petit je perfectionnais tous les autres.

Mon premier championnat national avec mes arlequins se termina avec un titre de champion avec un mâle Di bigio et un prix d’élevage. -(Bordeaux en 1985)-

Je cru naïvement avoir réussi mes essais et mon élevage, hélas en réalité ce fut le début d’une très longue guerre d’usure qui se fini mal…

Je me suis suffisamment étendu sur ce sujet pour ne pas y revenir, mais lorsque je vois aujourd’hui les nombreux arlequins dans vos championnats, j’ai tout de même quelques satisfactions d’avoir effectué tout ce travail de sélection pendant environ une dizaine d’années…

Mon seul regret et tous ceux d’entre vous qui visite sottobanca me comprendront, c’est le fait que la plupart des accouplements réalisés depuis des années, le sont sans aucune logique génétique. Ce qui a pour effet la perte des coloris arlequins fixés, comme je les avais dans mes volières …

Il n’est jamais trop tard pour bien faire et la direction actuelle du club me semble vraiment vouloir évoluer et laisser les éleveurs de ce coloris si spécial le travailler comme il se doit en leur apportant l’aide nécessaire pour cela.

Une bonne décision a été prise lors de la réunion qui a eu lieu à Montluçon, il ne m’appartient pas d’en parler ici, mais c’est la décision contraire prise à la clayette dans les années 80 qui engendrera le mauvais travail de cette variété depuis…

Il n’est jamais trop tard pour bien faire, mais que de temps perdu….

Jean Clavier.